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 Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]

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Kim
¦ Designeuse - Truc qui traîne
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MessageSujet: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Lun 3 Juin - 21:21

Le jeune 'homme' aux cheveux argent lança un regard moqueur à la licorne en entendant Elisha évoquer son état, avant de poser ses prunelles vermeil sur l'endroit marqué par les crocs du chasseur solitaire, qui avait cru bon de se taper un jambon de Magicienne avant de passer au plat principal, à savoir une licorne lévitante. Lorsque la jeune femme remonta son pantalon jusqu'au genou afin de constater l'étendue des dégâts, ils eurent néanmoins le loisir de constater qu'il y avait eu plus de peur que de mal. Les crocs du prédateur ne s'étaient pas enfoncés très profondément dans la chair de la jeune femme, ne laissant que des petites plaies saignotantes sans gravité. Probablement que la demoiselle aurait droit à quelques magnifiques ecchymoses quelques jours plus tard, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. Cependant, un autre détail l'interpellait, mais il ne parvenait pas à mettre un mot sur ce détail d'importance relative – tout était relatif dans l'esprit d'Ercan.

Ce petit soupçon fut néanmoins chassé par le rire que laissa échapper la demoiselle, qui jeta ensuite un regard mauvais à sa licorne, et l'Elémental put sans mal deviner la raison d'une telle hilarité rien qu'en déchiffrant l'expression affichée par le visage de sa partenaire de recherche. Rien de tel pour prévoir une expérimentation intéressante à venir concernant Charlie... Lequel avait dû émettre une énième plainte, au grand dam de sa 'propriétaire'. Si à l'avenir le jeune Eren avait un compagnon comparable à Charlie, il espérait au moins que ledit compagnon serait beaucoup moins plaintif et plus débrouillard... Et il ne se doutait pas à quel point ce vœu allait être exaucé, pour le meilleur et pour le pire – mais ce sera pour une autre fois. Voyant l'animal gesticuler – pour autant qu'une licorne puisse gesticuler – dans les airs, soulevé contre son gré par la magie d'Elisha, le jeune 'homme' afficha un grand sourire moqueur, imaginant très bien tous les reproches et appels au secours que la demoiselle devait recevoir, telle une pluie inlassable conçue pour n'épargner pas un seul instant son destinataire. Laquelle acheva néanmoins son œuvre envers et contre tout – ou surtout contre Charlie.

Et le jeune 'homme' ne put empêcher son sourire de s'élargir lorsque la licorne fut bien en place, calée entre les branches d'un arbre voisin, suffisamment haut pour qu'il ne soit pas la proie de tous les prédateurs du coin pendant leur escalade – dans le pire des cas, il se ferait picorer la crinière par des choucas joueurs. Il avait là une parfaite reconstitution de leur premier atterrissage post-téléportation de la journée, qui s'était achevé dans des arbres suite à une perturbation de dernière minute – répondant au charmant nom de Yuan Eren. Sur le moment, l'Elémental n'avait pu assister à la scène d'un Charlie empêtré dans les branches d'un arbre, et avait seulement entendu la conversation à moitié grâce à sa bague d'audition – une moitié de conversation qui lui avait tout de même permis de deviner la situation. Tout dans ce monde n'étant que justice, voilà qu'on lui offrait une magnifique reconstitution, n'en déplaise au principal concerné. Lequel, espérait-il, n'aurait pas l'idée saugrenue de mettre feu à l'arbre qui le protégeait afin de s'en défaire. Contemplant le tableau de la licorne juchée dans son arbre – dommage qu'il ne soit pas peintre, sinon il aurait décidé de prendre cet événement insolite comme inspiration artistique – pendant quelques instants, il ne prêta guère attention à la Magicienne, qui s'était à présent tournée vers la façade rocheuse à gravir. Accrochant machinalement sa lance à son baudrier, dans son dos, l'Elémental ne quitta pas la licorne du regard, tout un tas de pensées plus ou moins insolites traversant son esprit. Jusqu'à ce qu'il se décide à adresser quelques mots à l'animal équin, en toute honnêteté :

« Profite un peu, c'est pas tous les jours qu'on a droit à un panorama comme ça ! »

Bon, certes, c'était un poil moqueur, mais Ercan croyait tout de même dur comme du fer au plaisir d'être juché en haut d'un arbre, pour l'avoir lui-même expérimenté à plusieurs reprises – notamment grâce à sa prédilection pour les cimes d'arbres en guise de piste d'atterrissage post-téléportation. Il en alla même jusqu'à regretter que l'équidé n'ait pas en sa possession une feuille et un crayon pour dessiner un croquis des sommets environnants, mais il garda cette remarque pour lui, avant de reporter son attention sur la Magicienne. Et par extension, sur la façade rocheuse qu'ils avaient à escalader. Le regard vermeil de l'Elémental voyagea à plusieurs reprises de la paroi rocheuse à la jeune femme, son possesseur attendant que la demoiselle se lance à l'assaut du rocher, prêt à lui donner quelques conseils si besoin. Il y eut ainsi quelques instants de silence avant que le regard de l'Elémental, qui s'apprêtait à se poser une nouvelle fois sur la Magicienne, ne se posa que sur du vide. Elisha avait tout simplement disparu.

Disparition qui fit arquer un sourcil à l'Elémental, qui ne demeura toutefois pas très longtemps dans l'incertitude, Elisha ayant un certain don à rendre son repérage facile. Autrement dit, en beuglant des jurons audibles par la moitié de la montagne. Bon, peut-être était-ce un peu exagéré : ce n'était pas des jurons, mais un juron. Audible néanmoins par la moitié de la montagne. Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de l'Elémental lorsqu'il repéra la Magicienne, laquelle semblait s'adonner à un manège étrange, tombant sur ses fesses sur la plate-forme qu'elle avait rejointe, comme si son postérieur était bien plus stable que ses pieds – en soi, cette supposition n'était peut-être pas tout à fait erronée. Ne songeant nullement à imiter sa partenaire, il s'approcha de la paroi et la frôla du bout des doigts, avant de refermer sa main sur une prise qui lui parut satisfaisante. La roche n'était pas des plus solides, aussi devait-il se méfier des petits bouts de rocher pouvant lui rester entre les mains, mais il ne pouvait guère s'en plaindre : une roche trop dure n'aurait de toute façon pas été exploitable en terme d'extraction de gemmes – qui devait se faire, rappelons-le, à la main.

En deux temps trois mouvements, le jeune 'homme' rejoignit avec naturel la jeune femme juchée sur sa plate-forme rocheuse, qu'elle avait transformé en assise improvisée. Parvenant au niveau de la jeune femme, sans pour autant poser le pied sur le replat qu'elle occupait – le but n'était pas de la jeter dans le vide – il afficha une moue faussement contrariée.

« Même pas drôle, bougonna-t-il. »

Propos qui furent néanmoins suivis par un sourire malicieux. Le jeune Eren était loin de reprocher à Elisha son manque de goût pour le risque et pour les défis en tant que tels. Tant qu'elle savait se débrouiller en pleine nature, c'était à peu près ce qui comptait, non ? Le regard vermeil de l'Elémental se posa sur la pique en métal toujours présente dans les mains de la demoiselle, tandis que le marteau... Ah, oui, elle n'avait pas de marteau. Ou plutôt, celui-ci était juché en haut d'un arbre, incapable de lui venir en aide. S'agrippant d'une main à la paroi, le jeune 'homme' fouilla dans sa sacoche pour en sortir le marteau qu'Elisha avait refusé lorsqu'elle était dans la grotte d'améthyste et lui tendit.

« J'espère que l'voyage n'a pas grillé la totalité d'tes neurones, fit-il avec un sourire narquois. »

Ca faisait longtemps qu'il ne s'était pas foutu de sa gueule, autant en profiter un peu.

« Va falloir monter encore un peu, histoire d'pouvoir extraire quelques-unes de ces gemmes rouge foncé. Mais ça d'vrait être plus facile. Tu veux que j'te l'tienne ? demanda-t-il en désignant le marteau. »

Il y avait encore une dizaine de mètres à parcourir en hauteur – de quoi pouvoir narguer Charlie à hauteur égale une fois l'ascension effectuée. La suite coulait de source pour l'Elémental, qui ne jugea pas utile de faire une nouvelle démonstration de la pique et du marteau. Après, si la jeune femme lui extrayait quelques cristaux sans valeur à la place du grenat, ce ne serait pas fondamentalement grave...

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Elisha Akio



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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Jeu 6 Juin - 13:50

Un léger sourire aux lèvres, je me penchai un peu en avant pour observer l'ascension du jeune homme, qui décidément semblait plutôt doué pour ce genre de trucs. Si on me prenait comme élément de comparaison, en tout cas... Étonnant, d'ailleurs, qu'il ne se soit pas encore lassé de traîner un tel boulet avec lui ; d'autant plus que la présence de Charlie n'arrangeait pas tellement les choses. Enfin, j'imagine que vu les prouesses dont j'avais fait montre lors de notre excursion dans la forêt des murmures – entre autre, me faire embarquer par un oiseau visiblement désireux de me payer un baptême de l'air avant de me dévorer – il ne devait pas non plus s'attendre à ce que je sois beaucoup plus douée sur ce coup-là. Même si je suis sans doute un peu plus débrouillarde que la moyenne, je suis bien une magicienne, pour ça... Le genre qui préfère faire travailler son ciboulot et apprendre des petits tours de magie qui permettent plus ou moins de s'en sortir par des moyens détournés plutôt que de se bouger les fesses à proprement parler. Enfin, tous les magiciens sont sans doute pas comme ça ; je crois pas trop à ces trucs de races qui définiraient les individus, de toute façons... Enfin, quand bien même ce serait des idées préconçues ou des préjugés, j'imagine qu'il y a tout de même un petit – ou grand - fond de vrai là-dedans. Mais c'est pas une raison pour ne se baser que sur ça... Les gens évoluent, après tout.

Quoi qu'il en soit, j'ai toujours été plus ou moins feignasse et réticente aux efforts physiques, que ce soit dû à mon appartenance à la race des magiciens ou non. Quoi que l'escalade soit peut-être un des trucs qui me répugne le moins, en fait... Même si effectivement, j'aime autant pas risquer ma vie, ni me faire mal, si c'est possible. Chose qu'Ercan me reprocha d'ailleurs malicieusement lorsqu'il arriva à ma hauteur – j'imagine qu'en réalité, il était pas si mécontent que ça que je ne me sois pas cassé le cou pour son bon plaisir. De toute façon, si vraiment il avait voulu faire une randonnée sportive, il aurait emmené quelqu'un d'autre, ça faisait pas un pli. Quoi qu'il n'avait pas eu vraiment le choix, en fait. Je me sentais un peu comme une tortue qui aurait eu la mauvaise idée d'engager une chèvre comme professeur d'escalade... Bon, la comparaison n'était pas forcément très reluisante, c'est sûr, mais j'ai jamais eu la fibre poétique. De toute façon, chèvre comme tortue seraient bien incapables de manier la pique et le marteau... Ustensile que l'élémental était d'ailleurs en train de me tendre, – avec, en bonus, un commentaire sarcastique - coupant ainsi court à mes réflexions animalières.

- Mes neurones sont en bon état, j'crois... Remarque, pour ce qu'il en reste, je sais pas si c'est bien grave d'les perdre, lâchai-je avec un sourire. Et à part ça, j'te f'rais remarquer que j'ai réussi ma téléportation au cheveu près... Tu m'dois l'respect, ajoutai-je légèrement.

J'attrapai l'outil qu'il me tendait, et refusai d'un signe de tête qu'il le porte à ma place. Si on voulait être un minimum productifs, il valait mieux pas qu'on reste collés l'un à l'autre ; mieux valait donc que j'aie le nécessaire à extraction de cailloux sur moi... Et puis, je ne tenais pas vraiment à surcharger mon compagnon tandis que je me promènerais les mains dans les poches. Après avoir glissé le marteau et la pique dans mon sac, je me relevai lentement et suivis avec prudence le jeune homme dans son ascension vers les cailloux convoités. Il n'était pas question que je me casse la gueule, cette fois – et par extension, que je me retrouve involontairement sur les genoux de mon partenaire. Mais, visiblement, je ne craignais pas grand-chose si je continuais à faire gaffe, l'exercice n'étant pas si compliqué que cela pour qui faisait un minimum attention à ne pas poser ses pieds et ses mains n'importe où. Ce que je fis d'ailleurs avec une telle concentration qu'après une six ou sept mètres parcourus, j'avais plus ou moins oublié ce qu'on était venus chercher.

Ce genre de trucs m'arrivant tout de même relativement souvent, je n'en fus pas plus perturbée que ça, et me contentai de m'arrêter quelques secondes, histoire de remettre un peu mes neurones en place sans risquer de me casser bêtement la figure par inattention. Faudrait vraiment que je finisse par faire un truc pour cette foutue mémoire... Bon, c'était pas tellement compliqué, pour cette fois : j'avais ni oublié ma licorne perchée, ni Ercan, ni le loup, ni le fait que nous étions présentement en train d'escalader une paroi plus ou moins facile d'accès ; non, ce qu'il me manquait, c'était juste le but de cette aventure, parce que ça me semblait un peu trop risqué pour n'être qu'une simple promenade digestive – d'autant plus que je vois mal ce que nous aurions pu avoir à digérer étant donné que je n'avais pas le souvenir d'avoir mangé quoi que ce soit durant mon séjour au domicile familial du jeune homme. Je poussai un petit soupir, légèrement exaspérée de ne pas être capable de me souvenir toute seule d'un truc sans doute plus qu'évident. C'est le genre de désagrément qui, à la longue, devient vraiment pesant ; d'autant plus que c'était pas la première fois que je faisais le coup à l'élémental. Pas que ça me gêne particulièrement de passer pour une dérangée du bulbe devant lui, et j'imagine que, pour ça part, ça devait plus le faire marrer qu'autre chose... Mais en fait, c'est pas tellement agréable, comme situation. Se retrouver totalement larguée en quelques secondes pour juste un détail en général évident, c'est certes ridicule – mais ça, je m'en foutais un peu – mais c'est surtout compliqué à vivre, voire même parfois dangereux. Enfin, pour ce coup-là au moins je ne risquais pas grand-chose, à moins que nous n'ayons été à la recherche d'un dragon géant très énervé... Mais j'en doutais un peu, c'est pas le genre de trucs qu'on oublie comme ça.

Je soupirai de nouveau et donnai un coup de pied à une pierre qui ne m'avait pourtant rien demandé, et qui alla s'écraser en bas en manquant d'ailleurs de m'entraîner à sa suite – note à moi-même : ne pas tenter ce genre de geste lorsque l'on se trouve déjà dans une position pas très stable – puis repris mon ascension, en espérant que ma mémoire finirait par revenir toute seule. Bientôt, j'arrivai à la hauteur de Charlie, qui, visiblement très vexé, évitait mon regard, et ne se tournait vers moi que pour me contempler avec dédain. Brièvement amusée par l'attitude assez ridicule de l'animal, je ne pris cependant pas la peine de lui adresser la parole, ni pour me foutre de lui, ni pour lui demander de me fournir les informations que ma mémoire avait écartées. De toute façon, je pouvais aussi bien demander à Ercan, qui me renseignerait sans doute avec un peu moins de mauvaise grâce – mais un peu plus d'amusement – que la licorne en question. Si je ne l'avais pas fait jusque-là, ce n'était en rien par peur de le déranger ou de passer pour une abrutie ; l'un et l'autre m'important à l'instant relativement peu... Simplement, il me semblait que le meilleur moyen de faire remarcher ma mémoire comme avant, c'était de la faire un peu travailler, et que le meilleur moyen d'y arriver était de me débrouiller toute seule quand un truc de ce genre m'arrivait. D'autant plus que, dans le cas présent, il n'y avait pas urgence... Tant mieux, d'ailleurs, parce que ça ne me revenait absolument pas.

Lorsque nous eûmes suffisamment grimpé pour dépasser la licorne boudeuse, la solution finit cependant par m'apparaître. Pas que l'altitude m'ait suffisamment remué le cerveau pour que ça me revienne ; non, le truc que nous cherchions m'était réellement apparu, dans le sens propre du terme, rappelant ainsi à ma mémoire la nature du « truc » en question. Ouais, c'était des cailloux précieux, qu'on cherchait depuis tout à l'heure. Pas très difficile à retenir – mais, en même temps, je l'avais pas vraiment oublié, il ne s'agissait que « d'absences » momentanées. Rien de grave, en somme, aussi chiant cela puisse-t-il être. Quoi qu'il en soit, le but de nos recherches m'était revenu ; et, en plus, j'avais trouvé un caillou. Après, allez savoir s'il était précieux ou s'il s'agissait juste d'un machin qui brille sans aucune valeur... Auquel cas je pourrais toujours l'offrir à Charlie en lui faisant croire que c'est précieux. A l'altitude où nous étions parvenus, ça ne manquait pas de pierres, cela dit, précieuses ou non : plus ou moins incrustées dans la pierre, elles étaient éparpillées le long de la paroi. Celle que j'avais sous le nez semblait quant à elle à peine accrochée à la roche, aussi décidai-je de tenter de l'en dégager complètement. L'endroit où je me trouvais étant relativement peu escarpé, je pouvais m'acharner autant que je le voulais sur ce pauvre bout de caillou sans risquer de me casser bêtement la gueule... Je n'en eus pas vraiment besoin, cela dit, puisqu'il me suffit d'empoigner le bout de pierre coloré et de tirer un peu dessus pour qu'il me reste dans la main, avec en prime un bout de rocher qui faisait deux fois sa taille.

- Meeerde... L'est pas solide, cette montagne,
marmonnai-je en soupesant le caillou, avant de le tendre à Ercan. C'est précieux, c'truc-là, ou pas du tout ? Ah et euh... J'me souviens plus si tu m'as filé des outils ou non... Parce que je risque d'avoir du mal à sortir les autres à la main, ça t'nait plus du coup d'bol pour cui-là...

Logiquement, l'élémental avait dû me fournir le nécessaire, que j'avais probablement fourré dans mon sac. Mais, puisque j'avais en main une pierre d'un ou deux kilos qui entravait quelque peu mes mouvements, je préférais avoir sa confirmation avant de me contorsionner pour attraper les outils en question... Ouais, c'est quand même super bizarre de pas se souvenir d'un truc ayant eu lieu quelques minutes auparavant, je sais. Même après un choc, apparemment, c'est pas tout à fait normal... Enfin, j'imagine que c'est pas juste le fait de m'être cogné la tronche, il doit aussi y avoir un lien avec je ne sais quel choc émotionnel qui aurait pu découler de tous les trucs bizarres qui m'étaient arrivés le jour où j'étais venue en aide à ce foutu bélua. Cela dit, peu importe ce qui a contribué ou non à transformer l'intérieur de ma tête en un merdier pareil ; pour l'instant, c'est comme ça, point barre. Et puisque je peux pas faire sans, je me débrouille pour faire avec, sans oublier mon cerveau au passage...
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Kim
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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Mer 19 Juin - 2:28


Le sourire narquois du jeune Elémental s'élargit lorsqu'Elisha évoqua elle-même le nombre de restant de ses neurones. Il fallait croire qu'il appréciait la capacité de la Magicienne à prendre beaucoup de choses au second degré, et à ne pas faire scandale de tout un tas de désagréments lui tombant dessus. Et ce, quand bien même le jeune Eren avait quelque peu tendance à râler sur certains aléas de sa vie – l'hôpital se foutant de la charité, en somme, mais c'était également là une partie de sa personnalité. Mais de toute façon, les plaintes du jeune 'homme' étaient rarement très sérieuses, et tenaient plus de forme que de fond. Quoiqu'il n'en avait pas particulièrement adressé à Elisha – il fallait croire qu'il réservait ce genre de chose à sa famille, ainsi qu'à ceux qui lui tapaient sur le système par leur tendance à se croire supérieur et à donner des ordres à tout va. Ceci dit, le sourire de l'Elémental avait également été provoqué par la petite vantardise que se permit la demoiselle sur la précision de sa téléportation, qui, en effet, l'avait amenée à l'endroit désiré – enfin, supposément désirée, si ça se trouvait, la Magicienne bluffait, mais le lancier garda cette réflexion pour lui. Lui-même n'aurait pas vraiment envisagé d'accomplir un exploit identique à celui de la Magicienne, non seulement parce qu'il n'y avait pas d'arbre pour lui servir de piste d'atterrissage – ou de téléportation ? - mais aussi parce qu'il préférait dans le domaine de l'escalade encore se servir de ses dix doigts et de ses pieds plutôt que de sa magie. Il avait beau eu finir par accepter la magie comme une partie intégrante de lui-même, il fallait pas non plus pousser mémé dans les orties. Cela pouvait paraître un poil étrange pour un 'homme' aussi flemmard que lui, mais il ne fallait pas non plus oublier que la magie existait en lui que depuis peu de temps.

Après avoir adressé un dernier sourire moqueur à la jeune femme, qui accepta de se charger du marteau, le jeune 'homme' aux cheveux argent dépassa de quelques mouvements prestes la hauteur du juchoir de la Magicienne, pour poursuivre une ascension bien plus facile que celle qui avait précédé. L'effort se situait à la limite entre la marche sur cailloux et l'escalade, aussi ne se faisait-il que relativement peu de soucis pour sa partenaire de recherche. Il s'arrêta une ou deux fois afin de scruter la paroi de son regard vermeil, afin de tenter de repérer les endroits les plus riches en grenat, afin d'avoir à économiser les déplacements et gagner du temps. Juste au cas où, il prévoyait d'extraire de la roche un peu plus que nécessaire, si jamais Charlie désirait avoir en compensation de ses déboires quelques-uns des grenats que ses compagnons étaient allés chercher – même si Ercan ne voyait pas personnellement un répit juché en haut d'un arbre offrant un magnifique panoramique comme un déboire. Il jeta également un coup d'oeil à la jeune femme lorsqu'il entendit le son d'un caillou heurtant la roche, qui venait malencontreusement de croiser le chemin d'un pied d'une Elisha d'humeur footballeuse – à moins qu'elle n'ait subitement eu une crise de mauvaise humeur pour faire subir un tel destin à un pauvre petit caillou qui n'avait rien demandé à personne ? Et le jeune 'homme' ne put s'empêcher d'afficher un sourire moqueur en constatant les conséquences de l'action d'Elisha, qui manqua de peu de se rétamer à cause de son geste. Bien sûr, il s'inquiétait de l'état de la jeune femme et ne permettrait pas qu'elle perde la vie aussi stupidement s'il le pouvait, mais cela ne l'empêchait pas de tirer quelque peu d'amusement des actes de la jeune femme, qu'il trouvait après tout intéressante – quant à son inquiétude pour elle, probablement qu'il ne l'avouerait jamais tel quel.

Ercan jeta également un coup d'oeil à la licorne juchée dans son arbre bien contre son gré, boudeuse à souhait, avant de reprendre son ascension, comme si la paroi rocheuse ne posait nul problème à ses yeux et que progresser sur un tel terrain faisait partie des options cochées pour lui à la naissance – au détriment d'une identité sexuelle bien précise. Une fois l'altitude des premiers grenats atteinte, le jeune 'homme' se permit un nouveau regard vers sa partenaire, qui avait posé la main sur un bloc de pierre semblant contenir un cristal rouge foncé, qui se détacha de la paroi sans même que la Magicienne n'eut à employer les outils qu'Ercan lui avait confiés. A son grand regret, le jeune 'homme' n'eut guère le temps de prendre des paris avec lui-même sur la suite du geste – à savoir si, déconcertée par une telle fragilité, Elisha manquerait ou non de se rétamer. Un sourire amusé flottant sur ses lèvres, le jeune 'homme' reçut le bloc de pierre que venait d'extirper Elisha, l'examina rapidement et le rendit à la demoiselle, songeur.

« Ouais, c'est ça. Tu peux l'garder pour t'en servir d'référence. Dommage que je n'puisse pas te prêter quelque neurones pour l'occasion, en plus d'outils, fit-il avec un sourire moqueur, qui révélait néanmoins un peu de sérieux dans sa réflexion. »

Quoiqu'au final, il était quelque peu improbable qu'Elisha tire un bénéfice de neurones ercaniens si jamais la chose eut été possible. L'Elémental croyait le monde assez tordu et capable des choses les plus surprenantes, aussi avait-il à moitié laisser transparaître ses interrogations sur la question – aussi étrange que toutes les autres questions traversant son esprit atypique.

« Essaye de n'pas démolir toute la montagne, reprit-il malicieusement. J'vais chercher de mon côté, ça ira plus vite. »

En quelques mouvements, il parvint à un mètre au-dessus de la jeune femme, vers la gauche, mais avant de progresser de nouveau, il riva son regard vermeil sur la demoiselle, un regard dans lequel pétillait malice et amusement. Que ce soit autour d'un thé ou en train d'escalader une montagne, il ne s'ennuyait jamais lorsqu'il fréquentait la Magicienne arracheuse de montagne.

« Oublie pas de crier s'il t'arrive un pépin, ajouta-t-il avec autant de malice. »

Puis il s'esquiva vers une petite corniche au-dessus de laquelle il avait repéré quelques éclats de grenat ayant capturé la lumière du jour. Une fois celle-ci atteinte, il sortit ses propres outils et commença à extraire les cristaux qui paraissaient avoir suffisamment de valeur à ses yeux et susceptibles d'être retravaillés ensuite. Après quelques coups de marteaux, le jeune 'homme' jeta tout de même un regard vers Elisha, afin de s'assurer que les choses allaient bien. Au cas où elle ait oublié son nom. Ou oublié de crier en cas de pépin.

Enfin, peut-être que cette pensée était un peu trop pessimiste.

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Elisha Akio



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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Ven 28 Juin - 1:44

Un peu étonnée par le coup de bol quasiment surréaliste que je venais d'avoir, je repris la pierre qu'Ercan me tendit après l'avoir examinée. Non seulement j'avais pas eu à utiliser d'outils, mais en plus il s'agissait du bon caillou... Si des trucs comme ça m'arrivaient à tous les coins de montagne, nous aurions peut-être fini plus vite que prévu. Enfin, encore fallait-il pour cela que j'arrive à grimper sans me casser la gueule, et sans oublier périodiquement le but de nos recherches ; c'était le plus compliqué, au fond. Cela dit, malgré les deux ou trois fois où j'avais presque failli me retrouver en bouillie quelques mètres plus bas, je ne me débrouillais pas si mal, pour l'instant. Enfin, disons que je ne m'étais pas brisé la nuque, et que je n'avais pas encore démoli la montagne, ni déclenché de catastrophe naturelle ; mais l'aventure n'était pas terminée non plus.

L'élémental, qui vraisemblablement avait les mêmes inquiétudes que moi quant à ma capacité à détruire la montagne sur laquelle nous nous trouvions – si toutes les pierres s'en détachaient aussi facilement, il y avait effectivement des chances que je la démantèle accidentellement – me demanda  gentiment d'éviter de martyriser ladite montagne, avant de reprendre son escalade. J'observais le bout de caillou qu'il m'avait laissé à la main durant quelques secondes, dubitative, sans savoir comment j'allais faire pour continuer à grimper avec un truc pareil sans le faire tomber, avant de me souvenir soudainement que j'avais un sac. Je poussai petit soupir, à la fois exaspérée et légèrement amusée, et rangeai l'objet avant de recommencer mon ascension un peu au hasard. J'allais bien finir par tomber sur ce que je cherchais, de toute façon ; et, de loin, j'étais incapable de distinguer les cristaux de nous recherchions de ceux, sans valeur, qui parsemaient aussi la montagne.

- J'vois pas à quoi m'serviraient tes neurones, j'ai pas grand-chose à oublier, actuellement, lâchai-je pensivement en lorgnant la paroi à la recherche de pierres plus ou moins précieuses. A part mon prénom, ou l'tien... Ou alors le fait que j'ai une licorne perchée dans un arbre, peut-être. Tu me le rappelleras, quand même, si jamais j'oublie...

Consciente que j'allais finir par me gameler si je continuais à babiller sans regarder où je posai mes pieds, je me reconcentrai sur mon escalade, les yeux toujours rivés sur la paroi ; à la recherche de pierres semblables à celle que j'avais en ma possession. Il ne me fallut d'ailleurs pas bien longtemps pour en repérer trois ou quatre, toutes regroupées dans une petite cavité juste assez large pour que je m'y tienne. Prudemment, je fis les quelques pas qui m'en séparaient, avant de finalement poser mes pieds sur le petit replat qu'offrait à cet endroit la paroi. Sortant les outils d'Ercan de mon sac, je m'attaquais à la pierre qui me semblait être la plus facile à détacher de la roche. Manifestement, je m'y prenais vraiment comme un manche avec le marteau, puisqu'il me fallut cinq bonnes minutes – au bout desquelles j'avais quasiment aplati mon pouce à force de taper dessus – pour parvenir à mon objectif. Enfin, j'avais probablement eu plus de mal que prévu parce que la pierre extraite était plus grosse qu'elle n'en avait l'air de l'extérieur. Après avoir soufflé de manière totalement inutile sur mon doigt endolori, je rangeais ma nouvelle trouvaille dans mon sac, et m'attaquais à une seconde pierre. Après avoir vainement tenté de maintenir la pique avec mon majeur et mon index pour éviter de réduire mon pouce à l'état de bouillie, je finis cependant par accepter le sort cruel qui semblait lui être réservé, ce qui me facilita grandement la tâche – à défaut de préserver la santé de mon doigt.

Après quelques coups de marteau plutôt douloureux, élégamment ponctués de jurons que je prononçais à mi-voix, j'avais extrait la deuxième pierre, et comprit qu'il fallait impérativement que je modifie ma technique, à moins d'avoir la ferme intention de me retrouver avec une main mutilée à jamais. J'hésitai vaguement à demander à Charlie, qui avait tout de même réussi à ne pas e taper une seule fois sur les doigts ; mais il me sembla après une courte réflexion que les conseils d'une licorne rancunière pourraient plus me nuire qu'autre chose. Je lâchai un soupir, et, tout en réfléchissant à une possible méthode moins douloureuse, je m'accroupis pour me mettre a la hauteur de la pierre qui me semblait être la plus accessible. Distraitement,  j'ôtais les quelques morceaux de roche brisée que j'avais répandu un peu partout lors de l'extraction des cristaux précédents, lorsqu'une soudaine douleur dans ma main me fit brutalement revenir à la réalité. Sans comprendre immédiatement, je fixais les deux minuscules points rouges dont mon poignet était à présent orné, avant que mes yeux ne se posent sur le minuscule serpent que je venais de déloger, et qui avait cru bon de me mordre en guise de vengeance. Décidément, j'avais du succès avec la faune locale...

Dès que on cerveau eut fait le rapprochement entre les deux parties de l'équation – à savoir, la morsure d'un côté, et le serpent de l'autre – mon corps réagit de lui-même, sans que je ne lui demande quoi que ce soit ; et je sentis malgré moi ma main projeter sur l'animal la pierre que je n'avais pas lâchée. Ce n'était peut-être pas plus mal, cela dit, songeai-je en observant le reptile qui semblait bel et bien mort, étant donné qu'il ne semblait pas me vouloir que du bien. Enfin, tuer le serpent, ça n'était pas résoudre le problème : quoi que je puisse faire, je ne pouvais en rien annuler la morsure. N'ayant absolument aucune connaissance en matière de serpents, je ne savais d'ailleurs pas si la morsure de celui-ci était inoffensive ou si j'allais mourir dans la minute ; aussi estimai-je que j'allais avoir besoin de l'avis – ou du moins de l'aide – de mon compagnon.

- Ercan, lançai-je en tentant de paraître plus ou moins détachée malgré la panique qui commençait à m'envahir, il vient de m'arriver une merde, là. J'me suis fait mordre par un serpent, en fait, alors j'aimerais bien qu'tu viennes éclairer ma lanterne, que j'sache si j'vais crever tout de suite ou si j'ai l'temps de faire descendre Charlie.

Malgré le ton presque léger que j'avais employé, j'étais tout de même relativement effrayée à l'idée de mourir dans d'atroces souffrances suite à la morsure de la bête. Mais je ne tenais pas à inquiéter Ercan outre mesure – quoi que je ne suis pas certaine qu'il existe en ce monde quoi que ce soit qui puisse l'inquiéter. Les yeux rivés sur le petit reptile qui gisait à mes pieds, j'essayais mentalement de me convaincre qu'un animal si petit ne pouvait pas être bien dangereux, quand bien même je savais que cette supposition avait de fortes chances d'être fausse. Après avoir vérifié qu'aucune autre bestiole dangereuse n'avait élu domicile dans les parages, je poussais les quelques cailloux qui jonchaient encore le sol, et m'assis en attendant l'élémental. C'était sans doute plus psychologique qu'autre chose, mais je commençais à avoir des vertiges, et ne préférais pas tomber bêtement avant d'avoir eu le diagnostic d'Ercan – s'il était capable de m'en fournir un. Déjà, si c'était bel et bien le poison qui me faisait cet effet, ce n'était certainement pas bon signe : ce genre de truc, plus ça fait rapidement effet, plus c'est dangereux, non ? En réalité, je n'en savais pas grand-chose, mais je n'avais à vrai dire aucune envie de mourir d'une manière aussi stupide.

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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Mer 3 Juil - 23:48


« Ils sont très bien mes neurones, grommela le jeune 'homme'. »

Affichant un air faussement outré – pas de quoi s'inquiéter outre mesure – l'Elémental de Foudre poursuivit son ascension, tout en se demandant si la mémoire d'Elisha était aussi vide qu'elle voulait le prétendre. Après tout, une fille comme elle devait bien avoir vécu quelques expériences insolites ayant un fort potentiel d'intérêt pour Ercan, qui s'intéressait aux choses les plus incongrues – et se désintéressait aussi des choses les plus surprenantes. Aussi ne doutait-il pas que partager ses neurones excentriques avec le cerveau de la jeune femme pouvait se révéler fort intéressant... Si la chose était toutefois possible, ce qui n'était de toute façon pas le cas. Il ne s'était jamais intéressé de près à la biologie, et il n'y avait aucune raison pour que cela change. Enfin, presque aucune. Il s'était récemment posé quelques questions quant aux interactions électriques des différents composants de l'organisme et de l'influence de son Elément sur ces interactions, mais cela n'était pas allé plus loin. Et sûrement pas jusqu'à la transplantation de neurones. Avisant une corniche dont l'accès n'était pas des plus évidents, l'Elémental s'éloigna encore un peu de la Magicienne, la laissant vaquer à ses occupations maintenant qu'elle avait un modèle de grenat dans la main – en plus d'un morceau de montagne, dont elle pouvait éventuellement se débarrasser en taillant grossièrement la pierre. Il ne doutait pas qu'Elisha soit compétente pour extraire les cristaux au vu de son incroyable talent à démanteler la montagne... Il semblait que la demoiselle avait un karma tout aussi pourri que celui du jeune Eren, mais dans un autre genre...

Une fois sa corniche atteinte, le jeune 'homme' aux cheveux argent jeta un œil en contrebas, observant un bref instant sa partenaire se démener avec la paroi rocheuse pour en extraire un autre cristal, tout en essayant de se trucider les doigts au passage. Ce qui tira un sourire amusé à l'Elémental, qui s'abstint bien de donner un conseil, afin d'avoir la satisfaction d'observer la manière qu'emploierait la jeune femme pour résoudre son problème. Observer les hommes et les êtres vivants était l'une de ses occupations favorites, surtout lorsqu'il s'agissait de résolution de problèmes... Aussi avait-il malgré lui une certaine expérience de la psychologie, qu'il n'utilisait guère, à force d'observation. Cela pouvait paraître un peu étrange voire même dérangeant, mais c'était là le cadet de ses soucis. Flemmard sur les bords – et pas que sur les bords en fait – l'Elémental préférait se contenter d'observation plutôt que d'implication. Même si, dernièrement, ce genre de chose avait tendance à changer – doucement mais sûrement. Après tout, un emplumé lui avait bien fait comprendre que faire la feuille morte jusqu'à la fin de sa longue existence serait un gâchis des plus extrêmes, surtout lorsqu'il devait sa vie au sacrifice d'un autre.

Le regard vermeil de l'Elémental dériva vers le sommet de l'arbre dans lequel était perchée la licorne d'Elisha, avant qu'il ne se retourne vers ses propres cailloux et sorte ses propres ustensiles afin de commencer à extraire soigneusement le cristal de la roche, afin d'avoir le moins de caillasse inutile à transporter. Si ses neurones ne pouvaient servir à Elisha qu'en lui rappelant qu'elle avait un canasson à décoincer d'un arbre, il avait en revanche d'autres moyens de se rendre plus utile. Quoique, à la base, ce n'était pas lui qui lui rendait service, mais elle qui l'aidait dans sa tâche. D'ailleurs, s'il passait trop de temps à rêvasser sans rapporter aucune gemme, une certaine mégère... euh, mère attentionnée, pardon, trouverait un moyen de l'expédier de l'autre côté des montagnes par un grand coup de pied au derrière pour aller chercher le double de ce qu'elle lui avait initialement demandé d'aller chercher. L'Elémental fit donc l'effort de se concentrer sur sa propre extraction, et une fois celle-ci achevée, exécuta une traversée sur la gauche pour atteindre une autre corniche sur laquelle il se mit de nouveau au travail. Cependant, lorsqu'il s'apprêta à changer de nouveau de corniche afin de procéder à une dernière extraction, il se retourna vers Elisha, celle-ci l'ayant interpellé d'une voix qui se voulait détachée – mais qui laissait tout de même transparaître un soupçon de panique.

Il n'eut guère besoin d'entendre la totalité des propos d'Elisha pour commencer à redescendre, sachant de toute façon que lorsqu'il 'arrivait une merde' à la jeune femme, ce n'était pas vraiment pour rigoler. Et quand bien même le ton de la Magicienne était léger, il ne doutait pas que cette dernière était assez intègre pour s'inquiéter lorsqu'il s'agissait de sa propre vie. Cela pouvait être stupide dit ainsi, mais vu le nombre d'idiots ayant nulle considération pour leur vie qu'il avait rencontrés, la qualité n'était pas si anodine que cela... En quelques instants, le jeune 'homme' aux cheveux argent parvint au niveau de la Magicienne, et posa son regard vermeil sur le cadavre du reptile gisant non loin des pieds de la demoiselle. Un petit reptile d'une trentaine de centimètres, dont la couleur d'écailles était proche de celle de la roche, raison probable pour laquelle Elisha ne l'avait vu que trop tard. Détaillant le cadavre, l'Elémental s'efforça de se rappeler le nom des espèces de serpent les plus courantes dans le coin, afin d'évaluer la gravité de la morsure, à laquelle il jeta un bref coup d'oeil.

« Garde ta main baissée, en d'ssous du niveau du cœur. Et panique pas, sinon ça va rendre les choses encore plus folklorique. »

Folklorique était un terme comme un autre pour qualifier un tel incident, non... ? Quoi qu'il en soit, les conseils qu'il venait de donner à la Magicienne étaient des plus sommaires mais également des plus logiques, la panique ne faisant généralement qu'aggraver le problème, et baisser le membre au-dessous du niveau du cœur aidant à ralentir la propagation du venin jusqu'à ce dernier. Grommelant quelque chose de peu compréhensible à propos de la magie blanche, Ercan posa un pied sur la corniche, ramassa le cadavre du reptile qu'il coinça à sa ceinture, puis posa sa main sur le poignet de la jeune femme.

« T'as choppé le gros lot, fit-il avec un sourire narquois. Un retour à la case départ. Avec un souvenir en prime, ajouta-t-il en désignant le serpent mort. »

Troisième téléportation du jour, puisqu'il n'avait pas sur lui de quoi traiter la jeune femme. Il espérait que ça ne ferait pas trop pour ses capacités magiques qu'il maîtrisait encore assez moyennement. Sachant que...

« J'vais essayer d'embarquer Charlie au passage, si par un grand hasard tu t'inquiètes pour lui, ajouta-t-il d'un ton moqueur. »

Ca aussi, ça allait être folklorique. L'Elémental savait qu'il n'avait pas besoin de contact physique avec ceux qu'il téléportait, à condition qu'il les téléporte au même endroit – à peu près – que lui. En fait, la seule utilité du contact physique était de ne pas égarer celui ou celle qu'il avait pris(e) par la main... En revanche, il n'avait jamais essayé de téléporter quelqu'un ou quelque chose se situant aussi loin de lui. Mais bon, les expériences forment la jeunesse, non ? Les yeux du jeune Eren se fermèrent, et il laissa de nouveau lire cours à son énergie magique, avant de tenter de la juguler afin de l'utiliser de manière précise. Il sentit son corps, et celui d'Elisha, disparaître sous l'effet de la téléportation. Il tendit son esprit vers la licorne juchée en haut de son arbre. Et lorsqu'il crut pouvoir tout maîtriser à la perfection, son énergie magique explosa, et ils disparurent tous les trois dans une grande explosion d'éclairs – qui leur fut heureusement inoffensive, juste un peu éblouissante pour les éventuels autochtones du coin.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il constata qu'il avait atteint son objectif. Dans sa main se trouvait toujours le poignet d'Elisha, qu'avait suivi le reste de son corps – à priori, rien ne s'était perdu en route. Et lorsqu'il tourna la tête vers Charlie...

« Oups, laissa-t-il échapper avec un sourire mi-figue mi-raisin. »

La licorne était là. Et l'arbre dans lequel elle était juchée était également là. A présent déraciné, et menaçant de tomber sur la Magicienne et l'Elémental. Ce dernier, réagit instinctivement en prenant dans ses bras la jeune femme et dirigea son énergie magique vers ses muscles afin d’accroître sa vitesse, se tirant de là à la vitesse de l'éclair. Tant pis pour Charlie, la chute de l'arbre ne le tuerait probablement pas, contrairement à eux deux s'ils restaient en-dessous du végétal massif. Dans un fracas monumental, celui-ci s'écrasa, quelques-unes de ses branches hautes éraflant la joue et le bras droit de l'Elémental, qui arrêta de justesse sa course devant la porte d'entrée de sa maison – qu'il faillit se prendre en pleine poire.

Et ladite porte s'ouvrit à la volée, et Ercan eut une nouvelle fois un réflexe qui lui sauva la vie, à savoir un bond sur le côté, évitant de se faire percuter par une Yuan en furie. Laquelle ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes en voyant un arbre déraciné naufragé devant sa porte. Et riva ensuite son regard sur son 'fils' en l'entendant toussoter en vue de se faire remarquer. La surprise céda à l'amusement, et ce fut un sourire moqueur qui se dessina sur les lèvres de Yuan lorsque son cerveau eut intégré que son 'fils' portait dans ses bras la jeune femme qui n'était pourtant pas sa petite amie.

« Tiens donc, le prince est d'retour avec sa princesse... Un arbre comme dot, c'est original. »

Ercan haussa les sourcils, et, à défaut de pouvoir lui jeter une cuillère en pleine poire, demeura silencieux et s'agenouilla pour lâcher doucement la Magicienne, afin qu'elle puisse s'asseoir, le dos contre le mur de la maison.

« M'man, elle s'est faite mordre par c'truc, fit le jeune 'homme' en lançant le cadavre du serpent à sa mère. Ah, et l'arbre, c'est mon souv'nir, pas l'sien. »

Oui bon, ramener un arbre en souvenir, ce n'était pas franchement ce qu'il y avait de mieux, mais venant d'Ercan... Le sourire moqueur de Yuan disparut toutefois de ses lèvres lorsqu'elle choppa au vol le serpent mort, et elle fit volte-face, se précipitant dans la maison afin d'aller chercher de quoi soigner la Magicienne.

« Toujours vivante ? demanda-t-il à la jeune femme, un poil ironique. »

Et il avait complètement oublié Charlie, avec tout ça.

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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Jeu 4 Juil - 15:56

Tout sembla réellement se passer très rapidement après l'appel au secours que j'adressais à l'élémental. En quelques secondes, il était parvenu à ma hauteur, et m'adressait des conseils que je tentais d'appliquer au mieux, bien que ne pas paniquer ne soit pas la chose la plus aisée ni la plus naturelle lorsqu'on se sait en danger de mort. Enfin, en danger de mort... J'exagérais sans doute un peu la chose, mais cette aventure n'était pas non plus des plus tranquillisantes qui soient. Quoi que : je sentais les effets du venin commencer à se répandre dans mon corps ; et, lentement mais sûrement, je sentais que je perdais un peu pied dans la réalité. Tout était légèrement flou, comme si j'avais vu la scène à travers un voile. Les paroles semblaient devenir plus ou moins 'floues', elles aussi ; et je devais me concentrer pour parvenir à piger ce que disait Ercan. Décidément, ça ne devait pas être bon signe. Quelle idée, aussi, de se faire mordre par un serpent... Enfin, pas que je l'aie fait exprès, mais une telle chose ne serait jamais arrivée si j'avais fait un minimum attention. Enfin, il était de toute manière légèrement trop tard pour revenir en arrière.

Je fermai les yeux quelques secondes, et tentais vainement de contrôler ma respiration qui s’accélérait malgré moi. C'était vraiment pas marrant, comme truc, et je commençais à avoir légèrement envie de vomir. Comme si je n'étais pas déjà assez ridicule avec ce qui était en train de m'arriver... Coupant court à ma réflexion – ainsi qu'à ma tentative de reprendre mes esprits – la main du jeune homme se posa soudainement sur mon poignet, sans que je ne comprenne la raison d'un tel geste. Il était fort possible qu'il m'en ait donné une explication préalable, cela dit, mais je n'avais de ses précédentes paroles qu'un très vague souvenir relativement vide de sens. Vraiment, il devait être pas mal puissant, ce venin. J'avais tout de même le chic pour me foutre dans des situations dangereuses... A moins que je n'aie simplement un succès particulier auprès de la faune locale. En y réfléchissant, c'était tout de même assez marrant... Quoique sur le moment, ça ne m'amusait que très moyennement.

Avant que j'aie eu le temps de me demander ce que l'élémental comptait faire du poignet – le mien, en l'occurrence – qu'il venait de saisir, la réponse s'imposa d'elle-même lorsque je sentis sur mon corps les effets caractéristiques d'une téléportation. Je fermai de nouveau les yeux, afin que le voyage ne me colle pas plus la gerbe que ce n'était déjà le cas, et ne les rouvris que lorsque je sentis mes pieds se poser sur la terre ferme – terre qui ne me sembla d'ailleurs pas particulièrement stable, si bien que je fus obligée de me cramponner au bras d'Ercan pour ne pas tomber. Mais, avant que j'aie pu déterminer si j'allais ou non finir par perdre l'équilibre, quelque chose attira mon attention : juste au-dessus de nos têtes, l'arbre porte-licornes, que le jeune homme avait vraisemblablement cru bon d'emmener avec nous, menaçait de nous tomber sur la tronche. Face à une situation pareille, et ce malgré mon manque total de réactivité, la solution qui s'imposait logiquement à moi était la course – avec la téléportation, il y avait toujours une chance que je rate mon coup et que je me retrouve dans une situation encore plus critique qu'auparavant. Sauf que pour quelqu'un qui n'était même pas capable de tenir debout sans se cramponner à quelqu'un d'autre, un sprint était moyennement indiqué.

- Pas très bien accroché non plus, cet arbre, murmurai-je d'une voix pâteuse, démontrant ainsi qu'en plus d'être incapable de réagir, toute réflexion intelligente semblait avoir déserté mon esprit.

Heureusement pour moi, Ercan n'était visiblement pas disposé à laisser l'arbre instable me réduire en bouillie ; au milieu du brouillard flou qui m'entourait, je sentis ses bras me soulever, et compris vaguement qu'il détalait afin d'éviter que nous soyons écrabouillés. Me sachant de toute façon incapable de faire quoi que ce soit, je décidai de m'en remettre totalement à l'élémental ; et, après l'avoir remercié mentalement de ne pas m'avoir laissée sur place, je me laissai aller à l'engourdissement qui s'emparait de moi et cessai de m'intéresser à ce qui se passait autour de moi, perdant ainsi plus ou moins connaissance. Certes, le moment était plutôt mal choisi pour se relâcher de la sorte, mais en l'état actuel des choses, je ne pouvais simplement pas faire autrement.

Je me 'réveillais' quelques instants plus tard, lorsque le jeune homme me déposa doucement à terre, juste devant sa maison. A peine consciente de ce qui se passait autour de moi, je m'adossais contre le mur de la demeure des Eren, et étendis mes jambes pour pouvoir respirer avec plus de facilité. Totalement perdue, je tentais de saisir l'échange se déroulant entre la mère, apparue par je ne savais quelle magie sur le palier, et son fils, avec plus ou moins de succès. Manifestement, Ercan était en train d'expliquer ce qui venait de m'arriver, à renfort de cadavre animal histoire d'illustrer ses propos. La vue dudit cadavre ne sembla d'ailleurs pas réjouir la mère du jeune homme, qui se précipita à l'intérieur pour faire je ne sais quoi – à moins qu'il ne se soit simplement agi d'une fuite ayant pour but de lui éviter le spectacle de ma longue et douloureuse mort. Oui, il était possible que j'en fasse un peu trop.

- J'suis pas encore morte, tu vois bien,
répondis-je doucement à l'élémental qui venait ironiquement de me demander de mes nouvelles. Mais vu la tête que vient de faire ta mère, je sais pas si ça va durer bien longtemps,ajoutai-je avec un sourire forcé.

Je fermai de nouveau les yeux et appuyai ma tête contre le mur qui se trouvait derrière moi, tentant vainement de chasser le mal de crâne qui venait tranquillement s'ajouter à tout le reste. Vraiment, il y allait pas avec le dos de la main morte, ce serpent. Enfin, si je m'en sortais, ça me ferait un truc sympa à raconter à mes enfants... Bien sûr, le fait que je ne veuille absolument pas d'enfants, ni maintenant ni plus tard, réduisait un peu les chances que j'avais de leur raconter un jour quelque chose, mais cela m'importait assez peu, sur le moment. J'avais simplement très peu envie de mourir, en fait, et j'espérais de tout cœur qu'une ds deux personnes présentes avait une solution digne de ce nom.

La solution en question se présenta d'ailleurs à moi lorsque je rouvris les yeux, sous la forme d'une petite fiole remplie d'un liquide presque transparent, que me tendait la mère de l'élémental. Malgré les quelques tremblements dont étaient agités mes mains, je m'emparais du flacon, que je bus d'une traite avant d'appuyer de nouveau ma tête contre le mur frais de la maison. J'avais beaucoup trop chaud. Je ne sais pas exactement combien de temps passa ensuite ; probablement pas plus de cinq minutes, durant lesquelles je restai immobile, sans me préoccuper de ce qui se passait autour de moi. Enfin, du moins jusqu'à ce que la voix de la licorne, que tout le monde semblait avoir oubliée, ne résonne de nouveau dans ma tête.

*Elisha, qu'est-ce que tu fous ? Je suis coincé sous un arbre, qu'est-ce que je suis censé faire ? Rester là, et attendre de mourir ? Venez m'aider, bon sang ! *


- Merde, Charlie, gémis-je. Je vais pas pouvoir aller le chercher, il doit être blessé... Faut que j'le sorte de là, marmonnai-je en tentant, sans succès, de me relever.

Je savais de toute façon que c'était absolument inutile ; et que même si j'arrivais à me mettre debout, je serais incapable de voler au secours de l'animal en détresse. Encore une fois, il allait probablement falloir qu'Ercan s'en charge. Moi qui déteste être une charge pour les autres, on pouvait vraiment dire que j'étais servie, pour le coup... Enfin, je ne revenais pas les mains vides, au moins, songeai-je en me rappelant des quelques cailloux précieux que contenait ma sacoche. Je n'eus pas le temps d'y penser longtemps, cela dit, puisque je fus, avant d'avoir eu le temps de songer plus avant au problème Charlie ou à autre chose, d'une violente nausée.

- J'pense que j'vais vomir, lâchai-je, en joignant presque immédiatement le geste à la parole.

J'eus à peine le temps de me pencher sur le côté pour éviter de me gerber dessus, consciente malgré mon état du spectacle pitoyable que je devais donner. Je n'y étais certes pas pour grand-chose, mais tout de même, on faisait plus glorieux. Au moins, j'avais trouvé le truc pour ne plus jamais être réinvitée... Dommage, la famille Eren ne faisait pas vraiment partie de celles que je voulais éviter.

- J'suis vraiment désolée,
soupirai-je. C'est pas super classe. Voire même carrément pathétique, en fait... Je sais même pas si le machin a eu le temps de faire effet. Et, Ercan... Si c'est pas trop te d'mander, ça serait sympa d'aller décoincer Charlie d'sous son arbre, ajoutai-je avec l'ombre d'un sourire.

Malgré l'empressement qu'avait eu mon estomac à rendre l'antidote qu'on lui avait fourni, je me sentais légèrement mieux. J'avais toujours l'impression d'être incroyablement engourdie, et je voyais légèrement trouble, mais le tout était moins préoccupant que quelques minutes auparavant, du moins de mon point de vue. Parce que vue de l'extérieur, je ressemblait probablement pas à grand-chose...  Mais bon, niveau élégance et distinction, je n'avais de toute façon pas grand-chose à perdre.
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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Dim 7 Juil - 3:26

En effet, non, Ercan n'était pas expert en botanique, et encore moins en enracinement d'arbre. Aurait-il eu la connaissance et le savoir-faire sous la main, il en aurait sans conteste profité pour planter de la manière la plus correcte l'arbre qu'il avait jugé bon de téléporter avec lui en tentant d'embarquer magiquement une certaine licorne dans son voyage. Peut-être s'intéresserait-il un jour à la question, maintenant qu'un magnifique arbre déraciné trônait juste devant sa maison – décourageant probablement les quelques aventuriers courageux rendant visite à la famille Eren. Mais pour l'instant, aussi étonnant que cela puisse paraître, il avait d'autres priorités – oui oui, de temps à autre, il lui arrivait d'avoir un sens des priorités à peu près normal. L'arbre, et ce qui allait avec – qui lui était totalement sorti de l'esprit – n'était qu'un problème accessoire, comparé à celui assis sous ses yeux, autrement nommé Elisha à moitié dans les vapes, hébétée – voire plus si affinités – par le venin d'un des serpents les moins sympathiques de la région, qui s'était cru intelligent de vider une bonne partie de ses réserves de venin sur un être qui ne pouvait décemment pas lui servir de repas. L'Elémental avait déjà été victime de morsures de serpent, voire même d'empoisonnements au cours de ses années de travail, mais n'avait jamais expérimenté personnellement le venin du spécimen dont il venait de ramener le cadavre. D'après ses vagues souvenirs à ce sujet, la létalité dépendait de la quantité de venin injectée, et la survie du délai de la prise de l'antidote. Mais ses connaissances se limitaient surtout à la conduite à tenir en cas d'incident de ce genre, qui revenaient aux conseils qu'il avait donnés à la jeune femme. Et contrairement à nombre de croyances, il aurait été inutile – voire dangereux – de faire un garrot à la Magicienne, ou tenter d'aspirer le venin par la bouche. Le pourquoi du comment, il n'en savait rien, mais toujours est-il qu'il n'avait pas été totalement incompétent sur le sujet.

Au moins, il semblait que la jeune femme était encore consciente et lucide, au vu des propos qu'elle tint à l'Elémental, qui ne put s'empêcher d'esquisser une nouvelle fois un sourire ironique – ça faisait plus ou moins partie de sa nature, il n'y pouvait rien, et il n'avait de toute façon pas un sens assez commun de la compassion pour le montrer de manière 'normale' à Elisha ou à n'importe qui d'autre. Un sourcil argenté se haussa néanmoins, et le regard vermeil du jeune 'homme' se porta sur la porte encore ouverte, donnant sur le couloir dans lequel avait disparu Yuan, qui était allée chercher un antidote approprié. Le sourire de Yuan s'était effacé devant la gravité de la situation, mais...

« C'est pas sa tronche habituelle ? demanda l'Elémental à mi-voix, avec un soupçon de surprise. »

Il avait beau observer à longueur de journée les réactions des hommes et femmes qu'il rencontrait, il était du genre à en ignorer beaucoup sur les êtres les plus proches de lui, ce qui le rendait d'une certaine manière assez difficile à vivre. Enfin, au vu de l'expérience qu'Elisha avait d'Ercan, l'excentricité de la question ne lui paraîtrait peut-être pas si déplacée que cela. Quoique, pour le moment, seuls les parents de l'hermaphrodite ne s'étonnaient presque plus de rien venant de leur 'fils'... Même Eric, l'une de ses plus vieilles connaissances, parvenait toujours à regarder l'Elémental avec des yeux ronds comme des soucoupes en découvrant une nouvelle excentricité chez le jeune Eren. Ceci dit, la question avait au moins pour mérite de rassurer plus ou moins volontairement et plus ou moins directement la jeune femme – ou pas, d'ailleurs, mais bon. Allez savoir ce qui se cache réellement derrière les propos non calculés de l'Elémental...

Lequel riva immédiatement son regard vermeil sur le visage de sa mère lorsque celle-ci réapparut sur le seuil, une fiole entre ses doigts contenant un liquide quasiment transparent. Et il ne parvint pas vraiment à déterminer quelle était l'expression habituelle de sa mère même après un examen approfondi, qu'il abandonna dès que la fiole fut entre les mains de la Magicienne. Lorsque cette dernière l'eut vidée, il prit délicatement la fiole des mains de la jeune femme, sans qu'elle ne semble s'en rendre compte, et y jeta un coup d'oeil dubitatif, avant de la rendre à sa génitrice. Laquelle haussa un sourcil interrogateur devant le visage de son fils empreint de lassitude, avant de pousser un soupir et de disparaître de nouveau à l'intérieur de la maison, emportant au passage le sac que lui confia Ercan, dans lequel se trouvaient les cristaux que l'Elémental avait récupérés. La Magicienne avait appuyé sa tête contre le mur de la maison, et semblait être dans un état de semi-conscience, alors que plusieurs possibilités défilaient dans l'esprit du jeune 'homme' aux cheveux argent, des possibilités qu'il n'avait pas tellement envie de considérer, mais qui s'imposaient à lui dans le silence qui s'était installé.

Un silence qui fut brisé par le gémissement d'Elisha, qui ramena brusquement Ercan à la réalité. Charlie. C'est vrai. Il l'avait complètement oublié. Et la Magicienne aussi, visiblement – mais elle, elle avait une excuse. Loin de s'en morfondre ou de le regretter, le jeune 'homme' riva son regard vermeil sur l'arbre dont la cime était située à deux pas de la porte d'entrée. Si ses calculs étaient bons, en prenant en compte la position de Charlie avant que l'arbre ne tombe... celui-ci était coincé. Sous l'arbre. Qu'il aurait accessoirement pu faire cramer pour se sortir de là et se rôtir avec, mais il semblait que la panique ne l'avait pas emporté sur la raison cette fois-ci. Mais à peine ce nouveau problème découvert, un autre fit son apparition, avec l'avertissement fort aimable de l'origine du problème, qui vida le contenu de son estomac au pied du mur de la maison, en même temps que s'envolait le reste de sa dignité. Même si, au final, la dignité était une notion sans importance pour le jeune Eren. Aussi ce dernier haussa les épaules devant les excuses de la demoiselle.

« Bah, au moins t'as prév'nu, fit-il avec légèreté. »

Reprocher à une malade de vomir aurait bien été la dernière chose qu'il aurait pu faire en cet instant. Quoi de plus normal que quelques réactions physiologiques jugées indécentes par la société lorsque l'organisme est en panique totale devant un empoisonnement potentiellement grave ? C'aurait été comme reprocher à un type enrhumé de se moucher dans ses doigts à défaut d'avoir un mouchoir sous la main. D'autant plus que dans la catégorie vomissements, la maison des Eren en avait déjà vus, autant de la part d'une Yuan enceinte que d'un 'fils' malade après avoir mangé un mauvais champignon – ou autres aventures encore que l'on passera présentement sous silence. En fait, Elisha ne s'était pas trop mal débrouillée, vu qu'elle avait fait ça dehors...

L'Elémental se redressa, fit quelques pas en direction de l'arbre sous lequel se trouvait Charlie, l'oublié de l'histoire, et passa machinalement une main dans sa chevelure argentée, se grattant m'arrière du crâne, pensif.

« Quelle idée... fit-il d'un ton léger, comme si il n'y était absolument pour rien. »

Et soudain, il se retrouva face à un dilemme des plus dramatiques : que téléporter ? L'arbre ou la licorne ? L'arbre, c'était quand même son souvenir, peut-être y avait-il moyen de le replanter dans le jardin inexistant des Eren... Mais en même temps, s'il prenait le risque de téléporter la licorne, il y avait encore des chances que quelque chose foire. Plus il usait de son pouvoir, plus les incertitudes étaient grandes... Ne pouvant se résoudre à se séparer de son arbre souvenir, il finit par opter pour la deuxième solution, et commença à chercher l'endroit où se trouvait la licorne. Et il ne tarda pas à repérer du blanc au milieu du vert feuille, blanc dont il essaya de se rapprocher le plus possible, jusqu'à exécuter un numéro de contorsionniste pour pouvoir poser sa main sur l'une des pattes de l'animal.

« T'aurais pu trouver un meilleur endroit, grommela-t-il avant d'activer son pouvoir. »

Pouvoir, qui, étonnamment, fonctionna plutôt bien pour une fois. Dans le sens où l'arbre resta là où il était, et que ni la licorne ni l'Elémental ne se retrouva perché sur un autre arbre. En revanche, lorsque l'animal et le jeune 'homme' réapparurent, ce fut l'équidé sur l'Elémental. Oui oui, sur. En somme, Ercan se retrouva coincé sous le flanc d'un Charlie ne tenant pas debout.

« Tu d'vrais faire régime, mec, observa l'Elémental avec un soupir. »

Suite à quoi la porte de la maison s'ouvrit de nouveau, laissant sortir une Yuan quelque peu déconcertée par la vision qu'elle découvrit : son 'fils' coincé sous une licorne apparemment blessée. L'instant de surprise passé, elle posa son regard sur la Magicienne, et sur ce qui se trouvait à côté d'elle, parlant pour elle de son dernier exploit en date. Et c'est avec un sourire ironique qu'elle tendit une autre fiole à la Magicienne, identique à celle qu'elle lui avait donné quelques minutes plus tôt.

« J'l'aurais parié, fit-elle avec un sourire ironique. Comme quoi, si la joaillerie ça m'saoule, j'peux reconvertir dans la divination. »

Comme quoi, il n'y avait pas que des débilités dans le cerveau de Yuan Eren. Quoique cela relevait plus du vécu qu'autre chose, Ercan lui ayant appris à cause de ses champignons qu'une dose d'antidote pouvait ne pas être suffisante...

« Si ça marche que pour t'faire gerber, fit l'Elémental, toujours coincé sous Charlie mais prenant ce problème-là avec nonchalance, j'irais chercher un guérisseur ou un Magicien. Ou les deux en un. M'man, j'sais qu'c'est tendance d'laisser les gens malades dehors, ajouta-t-il ironiquement, mais si tu peux, tu pourrais l'am'ner dans ma chambre pour qu'elle se r'pose. »

Sauf si elle préférait rester le reste de la journée dehors. Quoi qu'il en soit, dans l'état où il était, Ercan ne pouvait pas vraiment aider Elisha à monter jusqu'à sa chambre. De toute façon, il avait curieusement l'envie d'aller chercher un Magicien... L'inquiétude peut-être ? Ou bien seulement le problème d'un Charlie qu'il ne pouvait pas guérir de façon traditionnelle... ?

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MessageSujet: Re: Un thé, mais pas que [la suiteuuuh]   Mar 9 Juil - 7:20

Toujours légèrement à côté de mes pompes – c'est un euphémisme -, j'observais l'élémental, parti secourir la licorne en détresse. Décidément, Charlie ne servait pas à grand-chose, à part à empirer les problèmes ou à en créer de nouveaux. Enfin, j'étais sans doute un peu trop dure avec lui, bien entendu, mais ça fait tout de même un bon bout de temps que je supporte ses conneries. Cela dit, pour cette fois, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, et si jamais la morsure de ce foutu serpent devait me tuer, l'équidé n'y serait pour rien. Dommage, d'ailleurs, parce qu'au fond l'idée de m'être foutue moi-même dans une situation pareille me déplaisait plutôt. Je me sentais particulièrement conne, en fait, assise là sans pouvoir faire quoi que ce soit pour aider qui que ce soit. En définitive, on pouvait vraiment dire que je foirais tout ce que j'entreprenais, aussi peu importantes les choses que je tentais d'accomplir soient-elles. Chercher des cailloux, c'était tout de même pas la tâche la plus compliquée ni la plus dangereuse qu'on ait pu me confier, tout de même ; il n'empêche que j'avais trouvé le moyen d'être empoisonnée par une bestiole qui, vraisemblablement, était assez venimeuse.

Et puis, ayant passé une très grande partie de mon enfance chez moi, pratiquement sans en sortir, je n'avais pas tellement l'habitude de ce genre de mésaventure. Contrairement à Ercan et à sa mère, qui y semblaient plus ou moins accoutumés, je n'étais résistante ni physiquement, ni mentalement à ce genre d'incidents. Certes, c'est moi qui avait été mordue par cette bestiole, pas eux ; mais, ne sachant absolument pas guérir le poison, j'aurais certainement été un brin plus paniquée si je m'étais trouvée à la place de l'élémental, qui lui semblait plutôt serein quant à ce qui était en train de m'arriver. Je n'en était pas réellement certaine, cela dit ; mes perceptions étaient un peu trop sens dessus dessous pour que je puisse savoir avec certitude quel comportement il adoptait. A vrai dire, si j'y réfléchissais, j'étais également incapable de savoir exactement ce que je ressentais moi-même. La tête toujours appuyée contre le mur, les yeux mi-clos, j'observais le jeune homme faire des pieds et des mains pour récupérer ma licorne, sans vraiment me sentir concernée par ce qui m'entourait. D'abord, parce que les efforts que je devais fournir pour rester consciente m'empêchaient de me concentrer réellement sur autre chose. Et puis, je me demandais vaguement si j'allais mourir ou non ; et cette pensée, toute imprécise qu'elle soit, absorbait assez ce qui restait de mes capacités réflexives pour que tout élément extérieur me paraisse secondaire.

Cependant, lorsque l'élémental parvint à décoincer l'animal pour le téléporter à quelques mètres de là, je me rendis bien compte malgré le peu d'attention que j'accordais à la scène que quelque chose clochait. Ercan, qui visiblement avait un léger problème en matière de téléportation de licorne, avait cette fois exécuté une prouesse magistrale : atterrir sous l'animal qui, blessé, ne pouvait absolument pas se relever. Malgré la position inconfortable dans laquelle cela le plaçait, le jeune homme n'en sembla cependant pas plus déconcerté que ça, et se contenta d'adresser une remarque moqueuse à l'équidé affalé sur lui. L'animal en question, quant à lui, sembla rester quelques secondes hébété par cette nouvelle mésaventure, avant de soudainement reprendre ses esprits – à défaut de retrouver sa vigueur. [/font]

*Qu'est-ce qui vous a pris ? Tu te rends compte que je suis blessé, et qu'en plus ça aurait pu être beaucoup plus grave . Je crois que j'ai une patte cassée... Et l'autre qui se moque de moi. C'est drôle, hein, c'est sûr, c'est pas lui qui vient de se prendre un arbre dessus... D'autant plus que c'est encore sa faute, j'imagine. Vous auriez pas pu me faire descendre de cet arbre avant ? C'est malin, vraiment, je peux plus me lever, maintenant. On peut dire que vous avez bien réussi votre coup, depuis le début ça se voit que vous voulez m'humilier... *

La tête entre les mains, je tentais vainement d'ignorer le blabla incessant de la licorne, qui râlait toujours, vautrée sur Ercan. Je n'aime déjà pas particulièrement l'entendre parler en temps normal ; mais, cette fois-ci,en plus de me gonfler prodigieusement, il parvenait à accentuer mon mal de crâne de manière phénoménale. Je me demande si je ne pourrais pas l'utiliser comme arme d'attaque, en fait, avec ce pouvoir à la con.... Je suis sûr qu'il serait capable d'emmerder n'importe qui jusqu'à ce que mort s'ensuive. Sauf que cette fois-ci, je n'étais ni d'humeur, ni en l'état d'écouter ses doléances ; et je sentais très bien que, sous peine d'explosion immédiate de mon cerveau, il allait falloir qu'il la ferme. Seulement, absorbé qu'il était par ses propres plaintes, il n'accordait que très peu d'attention à ce qui pouvait se passer autour de lui, y compris la raison pour laquelle notre compagnon l'avait téléporté sans prendre la peine de le faire descendre de son arbre.

Ledit compagnon, puisqu'on en parlait, ne semblait toujours pas éprouver de gêne particulière à être à moitié écrasé par une licorne, et échangeait avec sa génitrice des propos que le bavardage de Charlie m'empêchait de saisir. Au bout de quelques secondes, je finis cependant par réaliser que la mère du jeune homme me tendait, sans doute depuis un certain temps, une fiole identique à la première. Malgré mes mains encore légèrement tremblantes, je parvins à m'en saisir sans en foutre partout, et la bus à petite gorgées dans l'espoir que l'antidote fasse ainsi mieux effet sur mon organisme, avant de lever péniblement la main vers sa propriétaire pour la lui rendre. J'avais la curieuse impression de me trouver dans une sorte d'état second, dans lequel le moindre geste s'avérait susceptible de faire voler tout mon corps en éclats. On fait plus agréable, comme sensation, c'est sûr... Mais, malgré ça, il allait falloir que je me concentre – ce qui, vu l'inactivité quasi-totale que semblait adopter mon cerveau, ne s'avérait pas simple – sur le problème présent ; c'est-à-dire le fait qu'il y ait sous mes yeux un mec coincé sur une licorne. A vrai dire, cette vision était tellement inattendue et ridicule qu'il me semblait assez probable qu'elle ne soit que le fruit de mon imagination, d'un délire dû à la fièvre, ou de quelque chose du genre. Sans Charlie, c'est d'ailleurs peut-être ce que j'aurais fini par en conclure ; mais, selon moi, un animal aussi pénible que celui-ci pouvait constituer une preuve de la réalité de la chose. Je veux dire, si cette scène n'avait été que le fruit de mon imagination, j'aurais probablement fait en sorte qu'il soit moins pénible, non ? Quoi que, peut-être que j'aime bien me compliquer la vie, au fond. Enfin, quoi qu'il en soit... Il y avait indéniablement un mec coincé sous une licorne – licorne qui était mienne, soit dit en passant. Et, en conséquence, il fallait trouver une solution à ce problème avant qu'Ercan ne perde définitivement l'usage de ses jambes écrasées par la masse de l'animal.

Fatiguée à l'avance par la tâche qui m'attendait, je renversais ma tête en arrière, et tentais de me concentrer sur l'équidé parlant, profitant d'un court moment répit que me laissait celui-ci. Doucement, je posai ma main valide sur le bracelet que je portais toujours, employant ce qui me restait de forces pour faire léviter l'animal, d'à peine quelques centimètres, afin que le jeune homme puisse se dégager, avant de le reposer au sol. Pas bien compliqué, comme exercice, vraiment... Et pourtant, j'avais l'impression que je venais de faire léviter la montagne toute entière ; et je commençais à regretter mon geste inconscient. Ils auraient sans doute pu se débrouiller sans mon aide, en réalité, d'autant plus qu'Ercan n'avait pas vraiment l'air de se préoccuper plus que ça d'être coincé sous un animal qui devait faire trois ou quatre fois son poids. Mais je suis comme ça – on ne se refait pas, que voulez-vous – j'aime bien aider les autres, tout gérer moi-même, que ça soit judicieux ou complètement con. Et comme je m'y prends en général comme un manche, il est normal que ça finisse par me jouer des tours. J'imagine que je dois être une sorte d'héroïne ratée, en fait. Je voudrais bien faire, c'est sûr, mais je finis toujours par m'en prendre plein la gueule. C'est pas vraiment la première fois, à vrai dire... C'est comme si absolument tout le monde avait pour but de me dézinguer, en ce moment. Enfin, il est possible que j'exagère... On a souvent tendance à exagérer, après avoir été mordu par un serpent au venin mortel.

- Bon, lâchai-je mollement, je vais pas pouvoir soigner Charlie, ou c'est moi qui vais crever. Et étrangement, j'y tiens pas des masses. J'sais que le village est pas à côté, mais vous connaîtriez pas un guérisseur, ou un truc du genre ? Parce que bon, déjà, il a l'air d'avoir une patte cassée, le bestiau. Puis... J'voudrais pas vous alarmer hein, mais je commence sérieusement à me demander si je suis pas en train de clamser, là.

J'eus un petit sourire ironique, qui se voulait plus ou moins rassurant malgré le manque total de conviction, sans doute visible, que j'y mettais. J'avais beau tenter de le prendre légèrement, je ne mentais pas ; en cet instant présent, j'avais peur de crever. Je savais que tenter de le cacher ne servirait de toute façon pas à grand-chose, tout comme tenter de rassurer qui que ce soit à propos de mon était était inutile : je tremblais, j'étais incapable de me tenir droite, et j'étais probablement aussi blanche que le pelage de Charlie. En réalité, les deux Eren avaient l'air plutôt habitués à gérer ce genre de choses ; et, à ce moment, c'est surtout moi que j'aurais aimé pouvoir rassurer. Chose difficilement réalisable, évidemment ; d'autant plus que le seul truc qui me semblait assez positif pour avoir le mérite d'être évoqué était le fait que mon estomac ait, pour l'instant, réussi à ne pas expulser brutalement l'antidote que je venais d'avaler. Certes, ce n'était pas particulièrement glorieux, mais on se rassure comme on peut.
 
Je n'eus pas réellement le temps d'examiner la question plus longtemps, cela dit, car depuis que j'avais utilisé mes dons magiques sur l'animal immobilisé, je me sentais inexorablement sombrer vers une sorte de semi-conscience [/font]qui risquait de m'empêcher de réfléchir pour un bon moment. Ce n'était peut-être pas plus mal, après tout, de laisser se faire les choses sans risquer de faire de connerie. Enfin, tout dépendait du genre de choses qui se faisaient autour de moi ; mais, dans l'immédiat, ne plus avoir à penser me semblait plutôt bénéfique. Sans trop lutter, je me laissais donc envahir par l'étrange demi-sommeil qui s'emparait de moi, en espérant qu'Ercan et sa mère sauraient gérer le double problème que constituaient mon empoisonnement et la blessure de Charlie. D'autant plus qu'après avoir été écrabouillé par icelui, l'élémental risquait de ne pas être au mieux de sa forme non plus... Mais de toute façon, ça ne changeait pas grand-chose, en ce qui les concernait : que je sois consciente ou pas, j'étais pour le moment à peu près aussi inutile que Charlie tout à l'heure, perché en haut de son arbre pendant que nous cherchions des cailloux.
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