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 Avènement

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Kim
¦ Designeuse - Truc qui traîne
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MessageSujet: Avènement   Jeu 1 Mai - 1:45


Cette sensation... Il la connaissait. Non, c'était encore pire. Encore pire que lorsqu'il avait senti toute la magie habitant son corps le déserter, pour ne laisser derrière elle qu'un être fragile à la merci de la souffrance et du désespoir.

Difficilement, il déglutit, son regard ambré observant, impuissant, la trame magique des Elfes se disloquer, la nature se rendormir, l'hiver et son froid reprendre le dessus, les fleurs reprendre leur longue hibernation. Les Fées ne naîtraient pas. Les fleurs ne s'ouvriraient pas. Ce pressentiment, oppressant, se transforma en certitude, alors que les sons se dissipaient, les couleurs s'évanouissaient, pour ne laisser qu'un vide des plus cruels. Et une question, dans son esprit, se frayait un chemin : pourquoi ? Ils avaient seulement voulu espérer. Ils n'avaient guère voulu plus.

Alors, pourquoi ? Son regard ambré se darda sur l'Elfe aux cheveux argentés qui se tenait, bien droit, au centre de la clairière, s'efforçant de dissimuler son trouble, ses doigts étreignant néanmoins avec anxiété le pommeau finement sculpté de sa canne. Mais son ami ne remarqua pas son regard interrogateur, trop préoccupé par cette trame fuyante et déchirée, qu'il sentait se disloquer aussi distinctement que son ami pouvait la voir à travers son regard synesthésique.

Anàrion ne répondrait pas. Lui aussi avait probablement dû sentir la même chose que lui, cette même impuissance qu'ils avaient éprouvée ensemble, lors de la fin de la précédente ère. Et alors que l'Elfe demeurait à la merci des regards incertains des uns et des autres, lui l'Illuminae s'était effacé pour laisser les annonciateurs du printemps accomplir leur œuvre, sous le couvert des arbres. S'enfonçant davantage dans la pénombre, il chercha de son regard ambré les autres Elfes qui avaient interrompu leur danse à travers les bois, n'entendant qu'à grand peine l'appel de sa reine. Inutile de se précipiter sur Anàrion pour accroître l'incompréhension, pour pointer du doigt ce qui n'avait guère besoin de l'être. Aussi préférait-il avoir à l'un de ces Elfes errant dans les bois.

Mais avant même qu'il n'ait pu répondre à sa reine, son regard croisa celui d'une autre Fée. Animé d'une lueur qui lui était bien trop familière. Bien trop destructrice. Ses lèvres s'entrouvrirent, prêtes à laisser échapper un avertissement, mais celui-ci ne se formula pas.

Car le monde autour de lui disparut.


- - -

Un sourire mi-figue mi-raisin s'étira sur les lèvres du jeune homme aux cheveux roux, alors que la question, innocente une fois de plus, de la Fée parvint à ses oreilles. Nul doute qu'Enzel n'apprécierait pas qu'il ébruite ses problèmes dans son dos, mais la jeune Thalie avait plus quiconque droit à la vérité quant au risque de 'déchéance' des Fées. Car elle aussi pouvait en être 'victime' si d'aventure son jardin venait à être détruit et qu'elle ne parviendrait pas à assouvir sa vengeance. Mais était-ce vraiment le rôle d'un étranger que de lui enseigner ?

« Pas tellement, répondit à voix basse le jeune rouquin, sans quitter du regard les Elfes qui avaient pris position. »

Mais trêve de palabres, il semblait que les annonciateurs du printemps commençaient leur œuvre. Et Feyd ne manqua pas de partager l'émerveillement de Thalie vis-à-vis de la cérémonie du peuple sylvestre, l'élégance de leur magie et la beauté de leur œuvre ne pouvant guère laisser indifférent l'être venu du futur qu'il était. Et si le Tiregan n'était guère lié à la nature comme sa présente interlocutrice ou son ami et frère Enzel, il pouvait étrangement sentir l'impatience de cette dernière, ainsi que son espoir. Renaître, leur requête était aussi simple que cela. Renaître et espérer. Quelque chose que chacun des individus présents en ces lieux pouvait transposer à sa propre personne. Son regard orangé rivé sur Anàrion, dont l'infirmité n'entachait guère la grâce, le rouquin n'avait pas remarqué que son ami féerique s'était effacé pour laisser les Elfes exprimer pleinement leur magie et leur art.

Et le sourire qui s'était étiré, à son insu, sur les lèvres du rouquin s'agrandit davantage lorsque les mots enthousiastes de la Fée lui parvinrent. Un sourire qui ne demeura cependant guère longtemps. Etait-ce lui, où y avait-il un changement dans le comportement des Elfes ? Peut-être se faisait-il des idées. Peut-être que cela faisait partie de la cérémonie. La musique s'était évanouie, les notes de la jeune virtuose elfique s'étaient perdues dans un silence gêné, alors que le regard des annonciateurs cherchaient, quelque chose dont le Tiregan ne pouvait pas estimer la nature.

« Je n'dirais pas le contraire, acquiesça-t-il, son regard toujours rivé sur Anàrion. Mais... »

Le jeune homme marqua un instant d'hésitation. Ses pressentiments n'avaient pas grand chose de légitime, dans le fond – si ce n'est qu'il avait toujours eu une bonne intuition, mais ce n'était guère un argument très convaincant. Certains convives semblaient également préoccupés, mais d'autres poursuivaient leurs discussions comme si de rien n'était. D'autres gardaient leurs regards rivés sur les Elfes, attendant la suite de la cérémonie avec fébrilité.

« … c'est pas un peu soudain, comme... euh, transition ? compléta finalement le Tiregan. »

Au fur et à mesure que les secondes s'égrenaient, ses doutes semblaient être de plus en plus partagés par les convives. Mais la plupart préférait se faire une raison en se disant qu'ils n'y connaissaient rien, que les Elfes étaient mieux placés que quiconque pour mener à bien leur cérémonie. Il n'était guère légitime que des étrangers se permettent de reprocher quoi que ce soit au peuple sylvestre.

« J'me fais p'têtre des idées... ajouta le jeune homme, cependant peu convaincu par ses propres propos. »

Par réflexe, il chercha Enzel du regard. Mais ne le trouva guère. Peut-être s'était-il éclipsé dans les bois pour profiter de la cérémonie sans avoir la crainte de se faire marcher sur les pieds. Ou peut-être était-il en train de chercher cet élément même qui perturbait le Tiregan. Quoi qu'il en fut, Feyd ne l'apercevait nulle part.

- - -

La trame se déchirait. Encore. Et encore. Les jointures de ses doigts avaient blanchi, et la marque de son pommeau s'était indubitablement gravée dans la chair de sa main. Pourtant, l'Elfe aux prunelles émeraude s'efforçait de ne rien laisser paraître, observant le plus calmement possible le travail magique des siens se déliter. Il n'y avait plus que le silence, un silence de plomb, et cette magie qui s'enfuyait, alors qu'elle était sensée grandir tout le long de la cérémonie, pour finalement faire mériter à ses semblables leur titre d'annonciateurs du printemps. Il ne comprenait pas.

Personne ne comprenait. Le silence, qui s'était fait de plomb alors que les dernières notes de Numiel s'évanouissaient, commençait à être doucement brisé, non pas par les murmures de la nature, pleine d'entrain, renaissante, mais par les questions des convives, qui commençaient à se douter de quelque chose. Et chacune des questions posées à mi-voix à un voisin que ces gens ne connaissaient pas forcément ne faisait qu'accroître la détresse du Haut-Elfe, de même que la panique de ses semblables. Certains avaient remarqué que la trame se délitait. Et la rumeur ne tarda pas à faire le tour de l'assemblée, de manière plus ou moins exacte. Toujours est-il que, tôt ou tard, ils finiraient par voir l'évident : la cérémonie échouait. La nature demeurait sourde. Et la magie des Elfes inefficace.

Quel sortilège avait provoqué ce désastre ? Tous les sens en alerte, l'Elfe cherchait, cherchait dans sa magie, dans celle de ses pairs, dans son savoir, dans son environnement une raison, une raison qui expliquerait cet échec. Mais alors que son esprit cherchait frénétiquement une réponse, il ne se heurtait qu'au silence, le silence de la magie et de la nature. De même qu'à ses propres déductions, ses propres raisonnements qui éliminaient unes à unes les causes ayant pu faire échouer la cérémonie, jusqu'à ce qu'il se retrouve dans une impasse.

C'était un cauchemar. Et lui qui avait rêvé d'espoir.

- - -

L'attente était trop longue. La patience s'était muée en fébrilité. Et l'incertitude se muait à présent en irritation. Et le silence de la nature n'était pas pour améliorer son humeur devenue massacrante. Elle qui avait vu renaître des dizaines de printemps, elle qui avait assisté à de multiples naissances, elle qui avait fait de son jardin un lieu de joie et de sérénité, un lieu de communion avec la nature, elle qui s'était vue nommée  Luria par d'innombrables fleurs, elle ne comprenait pas. A quoi jouaient les Elfes ? Elle voyait dans leurs yeux qu'ils avaient perdu le contrôle de la situation, mais elle ne comprenait pas pourquoi ils ne réagissaient pas plus promptement que cela. Elle avait sous ses yeux plusieurs Haut-Elfes, non ? Ceux-ci devaient être parfaitement capables de gérer quelques imprévus, sans que cela ne prenne une ampleur démesurée. En plus, n'étaient-ils pas ceux qui avaient tenu à faire une entorse aux règles, à inviter quiconque le voulait à assister au renouveau ?

La nature attendait, nom d'un lys. Et était exécrablement silencieux. N'était-ce pas le rôle des Elfes que de faire en sorte que ce silence se brise ? Elle, elle n'avait jamais failli, non ? Elle s'était toujours occupée de son jardin avec attention, avait toujours comblé les désirs de la nature. Elle avait uni son esprit à celui des fleurs plus d'une fois, et avait dansé plus d'une fois au-dessus des eaux des Cascades Cristallines, délivrant aux fleurs une lumière des plus chatoyantes dans les nuits les plus sombres. Les étoiles pouvaient témoigner de son ardeur et de son dévouement pour la nature, alors pourquoi est-ce que les Elfes n'étaient pas capables de faire de même ?

Rongeant son frein, elle observa, avec exaspération, les Elfes jeter des regards incertains à droite et à gauche. Fallait-il leur apprendre leur devoir ? Maugréant intérieurement, la jeune femme fut tirée de ses pensées par un petit rire émit par une dame aux cheveux couleur ébène et au sourire malsain, dont le commentaire ne fit qu'accroître l'agacement de la Fée.

« Haut-Elfe Anàrion. »

Le regard de la Fée se reporta sur sa semblable aux cheveux blanc comme la neige qui s'était timidement avancée, surprenant l'Elfe qui ne s'était guère attendu à être interpellé ainsi. Et si l'homme aux cheveux argent tressaillit, il se ressaisit bien vite, soutenant le regard de la Fée. Un regard dans lequel on pouvait lire l'incompréhension.

« La nature ne répond pas. Pourquoi... ? Pourquoi lui déniez-vous ce droit ? »

Ce n'était pas une accusation. Mais presque une supplication. Le regard de Luria s'attarda sur le visage de sa semblable, qu'elle ne tarda pas à reconnaître. Plus d'une fois elle avait pris son envol au-dessus des eaux des Cascades en compagnie de cette Fée, Lirsina de la Montagne de l'Edelweiss enneigé. Elle était de celles qui possédaient un jardin qui n'attendait que la bénédiction présente des Elfes, une bénédiction qui lui était refusée. Plus que quiconque, elle avait attendu que cette cérémonie ait lieu. Luria ne put s'empêcher de ressentir un élan de compassion pour cette demoiselle qui se voyait dépouillée de son espoir. Aussi s'avança-t-elle à son tour, néanmoins plus vindicative que sa semblable, n'y tenant plus de voir l'Elfe patauger dans son hésitation.

« Allons, Elfe, vous nous avez habituées à mieux que ça, lança-t-elle sans ambages. Votre but était-il d'être la risée de tous les peuples de ces terres ? Au diable ces enfantillages, montrez-vous dignes de votre nom. »

Pendant un bref instant, la trame magique érigée par les Elfes cessa de se déliter. Pour mieux se désagréger quelques instants après. A présent, tous pouvaient le sentir, la magie des Elfes s'était éteinte. Et, comme pour répondre à ce constat effrayant, les rayons du soleil ne tardèrent pas à faiblir également, le ciel, bleu en début de cérémonie, se couvrant de nuages noirs de mauvais présages. Une chape de froid retomba sur l'assemblée, aussi pesante que le malaise qui y régnait.

« La magie... ne fonctionne pas, finit par admettre Anàrion. »

La détresse ne s'en fit que plus grande dans les prunelles céruléennes de Lirsina, tandis que la colère se frayait un chemin jusqu'au cœur de Luria. Comment osaient-ils ? Elle balaya l'assemblée d'un regard dédaigneux.

« Allez-y, parlez, riez de ces Elfes incompétents. »

Le rire de la Sorcière lui restait encore à travers la gorge. Tout comme les discussions insouciantes de quelques convives qui n'avaient pourtant pas manqué de remarquer le trouble des Elfes. Mais ce qu'elle ne pardonnait pas, par-dessus tout, c'était l'impuissance des Elfes. Si la nature ne répondait pas, cela ne pouvait être que de leur faute, non ? Qui était à blâmer, sinon ? Elle ne manqua pas de remarquer le regard de plusieurs Fées, dans l'assemblée, qui semblaient partager son point de vue.

Le silence de la nature leur pesait.

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MessageSujet: Re: Avènement   Mar 1 Juil - 2:18


Un sourire amusé se peignit sur les lèvres de Sela. Quelqu'un avait donc finalement l'audace de s'avancer sous le regard de tous, prônant le calme et l'intellect plus que la violence et la haine. C'était là un homme d'une trempe différente de tous ces autres qui demeuraient d'éternels indécis, ces indécis-là qui faisaient du monde un monde décadent, où la mauvaise volonté de l'un pouvait l'emporter sur toutes les autres et réduire à néant ce que d'autres s'évertuaient à construire en vain. Même la nature construisait en vain devant cette masse de moutons prête à suivre le plus charismatique des hommes, comme elle était sur le point de débuter un bain de sang en ce lieu grâce à la faiblesse de nombre de ces individus souillant le monde de leur présence. Le regard améthyste de Sela scruta les traits de l'inconnu au teint blafard, fier représentant de la race vampirique. Tout aussi pertinents ses propos étaient-ils, une partie de ceux-ci demeuraient erronés, mais au lieu d'inciter davantage à la haine en prenant à nouveau la parole, la Fée maléfique demeura silencieuse, comme curieuse d'observer les réactions de tout un chacun au bord de la crise. Si certains représentaient l'ennui même par leur inaction ou leur stupidité, d'autres étaient dignes d'une meilleure estime. Mais celle qui prit la parole la suivante n'était guère de ceux qui enchantait les oreilles de la Fée.

Sela riva à nouveau son regard sur la Sorcière, celle qui semait davantage le chaos pour le seul plaisir de voir les individus se déchirer sur de simples spéculations. Certes, en venir à mépriser l'étrangère pour sa conduite était quelque peu osé de la part de la Fée maléfique, qui ne s'était pas non plus privée de semer un peu de trouble, mais celle-ci avait à l'esprit bien d'autres choses qu'un simple bain de sang pour le plaisir de son cœur noirci par les actes des étrangers de la nature. Ce qui ne semblait pas être le cas de la Sorcière. Qui, voyant son compagnon draconique la rejoindre, laissa libre cours à ses pouvoirs maléfiques, employant toute sa puissance pour plonger la Fée maléfique dans une vision des plus cauchemardesques, emplie de souffrances. Laissant échapper un hurlement de douleur, la jeune femme sentit ses jambes se dérober et tomba à genoux dans la terre froide et stérile.

Ses bras étreignant son corps, la Fée convoqua toutes les ressources magiques qui lui restaient pour résister à la magie noire de la Sorcière, dissipant ainsi son propre sort de discorde. Autour d'elle, bien des lames se baissèrent, la raison semblant revenir dans l'esprit de certains convives et de certaines Fées. Nombre de regards se rivaient à présent sur la Fée maléfique, endurant son calvaire, des murmures s'élevant à nouveau, différents cette fois. La voix d'une autre Elfe s'éleva, appelant au calme, et si elle n'était guère des plus charismatiques, son intervention eut le mérite de débarrasser des dernières traces de la magie de Sela des esprits. Au final, s'il semblait qu'une personne avait pris les armes à cause de sa magie, elle avait été bien vite arrêtée sans encombres, et était partie sans causer davantage de remous. Comme il semblait que les principaux fauteurs de trouble étrangers décidaient de quitter les lieux, la Sorcière la première.

Sela se redressa, tremblante, le souffle court. La vision de cauchemar se dissipait dans son esprit, la souffrance se faisait déjà plus légère et ne tarda pas à se dissiper totalement. Le regard améthyste de la Fée maléfique vint chercher celui argenté du Vampire qui avait été le premier à s'avancer aux côtés de Finaën, lequel lui avait par ailleurs adressé un regard approbateur, voire quelque peu reconnaissant. Mais avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre geste, un Portail, magique, se dessina devant elle, bientôt accompagné de plusieurs de la sorte, d'où émergèrent nombre de Fées, dont le fameux Neibulla, porté disparu depuis le début des troubles. Sur sa pommette droite, une lame avait tracé une petite estafilade sanglante, qu'il n'avait guère pris le temps de soigner, à l'instar de nombreuses autres contusions qu'un œil avisé ne manquerait pas remarquer. Visiblement, l'Illuminae avait rencontré quelques problèmes avant de pouvoir revenir sur les lieux de la cérémonie de l'avènement du printemps, accompagné de ses sympathisants.

« Ca suffit. Rangez vos lames, vous tous, intervint calmement, mais fermement le Fé. Le cas de Sela relève de la loi féerique et je ne la laisserai pas plus longtemps vous nuire. »

Le regard gris acier de l'Illuminae était rivé sur la Fée sombre, véhiculant un message on ne pouvait plus clair : si Sela s'avisait d'esquisser un geste hostile envers les convives ou vers la Sorcière qui n'était plus qu'un point noir dans un ciel couvert de nuages, elle aurait affaire à sa lame. Mais l'inverse était également vrai, puisqu'il semblait que quiconque désirant nuire au bien-être de Sela aurait également affaire au Gardien du Courage.

« Ne t'inquiète pas Neibulla, ce cauchemar m'est suffisamment familier pour que je contienne mes envies de meurtre. Je me soumettrais à la loi féerique... dans certaines conditions, tu le sais très bien. »

Une ombre passa dans le regard de l'Illuminae. Sela savait que le cauchemar en question ne lui était pas seulement familier à elle, mais à toute une partie du peuple féerique, dont Enzel faisait partie. Avoir vu son jardin brûler, senti les fleurs se noyer dans un océan de désespoir, avoir éprouvé l'immense frustration de ne pouvoir les sauver, l'impuissance à les protéger, tout cela faisait partie du passé des Fées sombres, et non de leur futur comme la Sorcière avait voulu lui faire croire. Quand bien même Sela avait de nouveau un jardin, des plus sombres.

« Les Fées vont se retirer, poursuivit Neibulla. Toutes, sans aucune discussion. Je vous conseille de faire de même. L'avènement du printemps est un échec, et si nous en ignorons la raison, trucider son prochain ne va certainement pas arranger les choses. A l'avenir, si certains d'entre vous désirent s'entretenir à ce sujet une fois les esprits calmés, je serais volontiers votre interlocuteur, en tant que Gardien du Jardin Secret et représentant du peuple féerique. »

Les Fées accompagnant Neibulla se dispersèrent, sous le regard suspicieux des étrangers, afin de réunir les Fées présentes en ces lieux. Mais si Sela avait excellé dans l'usage de ses pouvoirs de discorde, il lui semblait à présent que certaines de ses semblables accompagnant l'Illuminae usaient d'un pouvoir inverse, sans pour autant égaler le pouvoir de Sanctuaire des Anges. Claudicant, mais ayant retrouvé un tant soit peu de vigueur, sa canne de nouveau en main, le Haut-Elfe Anàrion se fraya un passage dans la foule, la vision d'un homme blessé et boiteux n'inquiétant pas outre mesure l'assemblée qui ne savait plus sur quel pied danser – fallait-il s'en prendre à quelqu'un, oui ou non ? - l'air grave.

« Les Elfes vont également se retirer, ajouta l'Elfe aux cheveux argent. A vous tous, je présente mes plus sincères excuses pour ces événements. Une fois que les choses se seront apaisées, j'entends assumer ma part de responsabilité dans tout ceci, si besoin. Finaën, Eären, Silil, Othië, Elië, Siriel, faites passer le message. Nous rentrons à Eärudien. Numiel, Eäril, Araën... Retrouvez rapidement Ortie et Alir, ramenez-les à Eärudien en toute urgence. »

Il s'était passé quelque chose, il le sentait. Malgré la faiblesse de sa magie, le Haut-Elfe parvenait à percevoir la rage anormale et végétale grâce à son pouvoir de Natura, et s'il était sage de s'éclipser pour ne pas aviver davantage les tensions, il était également avisé de fuir les éventuelles âmes malintentionnées qui en profitaient davantage pour tenter de semer la discorde. A ce stade, éviter le conflit était essentiel, car nul ne savait réellement où se trouvaient les responsabilités de chacun.

Alors que les Elfes s'activaient, les uns murmurant aux autres les consignes d'Anàrion, tous ayant la sagesse d'éviter le conflit avec les convives et les Fées, ces dernières étaient récupérées par les sympathisantes d'Enzel et téléportées dans leur jardin. Les trois Elfes missionnés par Anàrion pour retrouver Ortie et Alir fondirent dans la forêt en un rien de temps, chacun de fiant à leur empathie sylvestre pour retrouver rapidement la trace des deux jeunes Elfes. Et ils ne tardèrent pas à découvrir le spectacle désolant de la guérisseuse tentant de ranimer par tous les moyens la jeune Alir. Rapidement, Numiel vint se positionner derrière Ritournelle et posa ses mains sur ses épaules dans un geste apaisant, alors qu'Eäril se penchait sur le corps brisé de la jeune Elfe.

« Ritournelle, calmez-vous, fit doucement l'Elfe aux cheveux blond platine. Araën, aidez-moi. Nous devons la ramener de toute urgence à Eärudien... »

Acquiesçant silencieusement, Araën ferma les yeux, faisant appel à toute sa volonté pour exprimer sa magie malgré le fléau qui semblait l'affecter. L'une de ses mains vint chercher celle d'Eäril, tandis que l'autre se posa sur l'épaule de la pauvre Alir. Finalement, la magie fit son effet, et les trois Elfes disparurent, se téléportant à Eärudien où la jeune blessée recevrait des soins adéquats. Numiel jeta un regard sinistre à l'arbre, mort, qui avait été à l'origine de l'incident.

« Il vaut mieux ne pas s'attarder avant que les ténèbres ne profitent davantage de notre faiblesse. Venez, Ritournelle. »

Et la chanteuse entraîna la guérisseuse plus loin, l'incitant à rejoindre ses semblables qui regagneraient Eärudien par la magie ou par les ailes de leurs animaux.

L'Illuminae, quant à lui, était demeuré dans la clairière centrale et avait ouvert un Portail devant Sela, laquelle n'opposa aucune résistance pour le franchir. Néanmoins, à deux doigts de disparaître, quelques mots franchirent ses lèvres, des mots troublants pour lui, et elle savait à quel point :

« J'ai bien fait de miser sur toi, Neibulla. Il semble que le peuple féerique a encore un peu d'espoir. »


Résumé (qu'vous êtes pas obligés de lire en fait xD):
 

Explications:
 

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